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Tirer le fil
Le fil est noué, la toile est brodée, la feutrine et l'étoffe appliquées élégamment sur un corps de femme. Les motifs s'enroulent jusque dans la chevelure. Derrière un talon aiguille, apparaissent les toits de Paris. Cette description n'est pas celle de l'affiche publicitaire d'un grand couturier, mais d'un tableau de l'artiste serbe Brankica Zilovic-Chauvain.
Elle a troqué pinceaux et pigments contre bobines et machine à coudre. Son travail de peintre, formé rigoureusement au dessin, à l'étude des attitudes, à l'expression, à la gestuelle, s'est libéré des matériaux classiques de la peinture : le trait est devenu fil, le pinceau aiguille, seule la toile a subsisté. Ce mélange des genres est des plus enchanteurs, des plus poétiques et aussi des plus réalistes.
Son intérêt pour la mode, poussé au point d'en adopter les outils, est né d'un choc culturel vécu à son arrivée en France en 1997. Elle est fascinée par les images de mode, partout présentes, même sur les individus, parfois transformées en véritables icônes vivantes. Puis vient le temps du questionnement, de la critique, de l'ambiguïté véhiculée par la mode. Chacune des œuvres de Brankica Zilovic-Chauvain raconte l'évolution de sa perception. La mode est design, luxe, corps glorieux, espaces confortables, histoire, invention, vérité, leurre, lieu d'écriture de la vie sociale, parfaite matière première pour une artiste éblouie par sa rencontre avec l'occident.
Brankica Zilovic-Chauvain décrypte la mode, la recompose, la magnifie, souligne ses extravagances, s'approprie ses codes. Pour apprécier pleinement l'originalité de ses créations, il vous suffit de venir en tirer le fil...
