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Du parcours dans la ville à la création du mythe
Il est des villes devenues mythiques tant la littérature, le cinéma, la musique, la photographie ont puisé à leur source. Il est des artistes talentueux à l’origine de ces mythes pour savoir capter leur atmosphère, restituer leurs lumières, sentir leurs pulsations, appréhender chaque détail de leur caractère. Claude-Max LOCHU fait partie de ces artistes : il happe chaque quartier, chaque carrefour, chaque immeuble, chaque panneau pour les projeter sur la toile avec toute leur puissance émotionnelle.
Dans ce taxi, c’est New York que l’on reconnaît ; dans cette rue abrupte voici San Francisco ; dans cette poupée Mickey adossée à un mug apparaît quasiment toute l’Amérique ! L’approche de Claude-Max Lochu dans ses dernières créations se fait à la fois plus anecdotique tant il utilise l’évocation d’un lieu à travers un objet, et aussi plus atmosphérique quand il embrasse la ville comme un vaste paysage. Panneaux de signalisation, feu de circulation, cinéma, palmier géant forment les portraits multiples de villes parcourues dans leurs moindres recoins. L’artiste scrute, guette, piège, surprend, épie, capture le souffle de la ville. Consignées dans la mémoire de l’artiste comme dans un livre de bord, ses observations, passées au filtre de ses sensations et de ses émotions, ressurgissent dans l’œuvre avec la précision du scientifique et l’imagination du poète.
On s’étonne toujours de la facilité avec laquelle Claude-Max LOCHU nous entraîne dans son univers, probablement parce que sa capacité de synthèse est telle qu’il nous rend à même de voyager dans l’espace à la vitesse de notre regard. Ainsi, d’une simple promenade, d’un simple parcours, naît un raccourci fulgurant de la perception de la ville, contribuant par la même, et par addition avec nos propres images et nos propres souvenirs, à la construction progressive du mythe.
