2.13pm - Art Contemporain2.13pm - Art Contemporain
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Aurélie BRAME - Regard

Taquiner la muse ...

La peinture vient d'exploser ! Elle est sortie de la toile, elle se déploie sur les murs, elle pousse le cadre, elle ondule, elle devient l'objet du sujet. Dans la continuité d'un travail centré sur le territoire, animé par la présence récurrente d'une forme ovoïde en recherche d'identité, Marion Franzini pose la question de la peinture en tant que nmédium et en tant que support.

On se croirait dans un film de Woody Allen, où le personnage sort du film pour devenir être de chair. Ici, ce n'est pas l'actrice, mais la peinture elle-même qui nous rejoint. La petite forme ovoïde nous saute à la figure, elle n'en fait qu'à sa tête. Plus question de décider de sa trajectoire, elle a pris sa liberté. Elle est devenue objet de peinture, elle-même devenue sculpture. D'anciennes toiles sont découpées, entrelacées, collées, mises en volume pour exprimer l'importance du support, du châssis, de tout ce qui constitue la matérialité de la peinture. Clin d'œil au mouvement des années 70 « Support/Surface » Marion Franzini a nommé l'une des séries « Supporte ta face », évoquant un rapport à la face en tant que visage. Un visage qui peut être le sien, celui de l'autre, celui qui se reflète dans un miroir. On comprend alors mieux la prédilection pour l'ovale, forme simplificatrice pour la représentation du visage. Tous les ingrédients sont là pour construire un rapport à l'autre, pour parler de frontalité, de prolongement de territoire, de passage de frontières.

Et puis il y a ces drôles de vitrines suspendues à la verticale, dont les cadres participent à la composition en créant de la profondeur. A l'intérieur du cadre, des collages, des découpages, des assemblages, la petite forme ovoïde qui bouge, qui bouge. Des bandelettes, des rubans, des lambeaux de tissus éclairés de coulis et de points de corail fluorescent sont prêts, eux aussi, à surgir. Ailleurs se sont des silhouettes qui apparaissent comme des ombres chinoises, des vides sont habités, des pleins sont désertés, des rectos deviennent versos, tout est chamboulé, tout est questionné. Une chose est sûre Marion Franzini se régale en jouant avec ses propres créations, en les remettant en cause, en leur donnant une deuxième vie. Elle s'amuse de leur transformation, elle les provoque, elle prend manifestement plaisir à taquiner la muse…