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Entre réel et imaginaire
La puissance onirique et poétique des sculptures de Michel NOBLE nous entraîne dans un monde imaginaire suscitant émotion, humour, interrogation et fascination. De l'acier martelé, contorsionné, dompté, patiné, jaillissent des animaux fantastiques, des personnages surprenants, des natures mortes revisitées. Quel étonnement de voir ce matériau si brut, si lourd, si noir se transformer en complice de l'élégance, du raffinement et de la subtilité.
Michel NOBLE soumet la matière à son extraordinaire imagination et à son sens aigu de l'observation. Parmi ses sources d'inspiration, scènes quotidiennes et mythologiques se mêlent pour donner naissance à des personnages mi-homme mi-bête dont les attitudes insolites surprennent. Un humour acerbe l'amène à réaliser des satires dignes des meilleurs caricaturistes du début du XIXe siècle. Parfois féroce, lorsqu'il fait le portrait d'un « Caniche Pourri » croisé dans la rue, il possède la délicatesse d'un Chardin dans ses natures mortes « Cerises sans compotier » et sait rendre hommage au génie de Delacroix dans sa figure emblématique de « Sardanapale ».
Toujours à la recherche de l'expression juste, il consacre des heures à certains détails, s'essaye à des changements de proportions, remodèle l'échancrure d'une courbe, apporte une touche de couleur, choisit un socle avec une infime précaution. Son atelier, véritable forge de vulcain, est une caverne de ferrailleur féru de littérature et de musique classique. Rien d'étonnant à ce que surgissent d'un tel lieu des créatures ni tout à fait réelles, ni complètement imaginaires, tour à tour émouvantes, drôles et parfaitement délirantes.
